Minimum Vital

Rock Progressif depuis 1982

MultiOud Godin (2011)

Jean-Luc PAYSSAN et le MultiOud Godin

Jean-Luc PAYSSAN et le MultiOud Godin (photo Isabelle & Stéphane Gallay)

MultiOud Godin

MultiOud Godin

Sans doute l’un de mes instruments préféré ! L’oud, version orientale du luth occidental est, comme chacun sait, l’instrument roi des musiques arabes, riche d’une tradition millénaire. Ces dernières années, j’ai découvert l’oud grâce à l’écoute de la musique arabo andalouse et de musiciens actuels qui l’utilisent de façon très créative et n’hésitent pas à l’électrifier, comme Jean-Pierre Smadja et Medhi Haddab du duo Duoud.
Une amie m’avait prêté en 2006 un oud traditionnel d’étude, que j’ai utilisé dans l’album Capitaines. Le son très vivant de l’instrument ainsi que sa couleur non tempérée (puisqu’il n’a pas de frettes) m’ont immédiatement séduit, au point que j’ai désespérément réfléchi au moyen de l’amplifier et d’en jouer sur scène. Hélas, mon modèle s’avérait difficile à accorder (à cause de chevilles peu fiables) et encore plus à amplifier. Mon problème a été résolu lorsque j’ai su que la marque canadienne Godin avait créé un oud électrique, le MultiOud, qui gardait les caractéristiques du oud traditionnel (manche résolument fretless) tout en lui adjoignant le confort moderne : corps plat, mécaniques fiables au lieu de chevilles et possibilités étendues d’amplification grâce à une électronique active.

J’ai donc fait l’acquisition de ce modèle qui m’a aussitôt conquit et inspiré un nouveau répertoire pour le groupe. Les premiers tests en répétition puis sur scène ont été convaincants : non seulement la saveur orientale est totalement respectée, mais le confort de jeu et la puissance sonore sont incomparables et offrent d’infinies perspectives…
Le MultiOud, comme son cousin traditionnel, bénéficie de 11 cordes nylon, dont 5 sont doublées à l’unisson. Il contraste donc idéalement avec mes autres guitares acoustiques qui sont plutôt montées en cordes acier. Ce qui est paradoxalement excitant avec un oud, c’est qu’on est toujours à la limite du faux et de la rupture. Cela vous oblige à avoir un jeu très humble, très sensible, et sortir de vos habitudes : jeu en « glissés », en trilles, en quart de tons… Le résultat, c’est que cela finit par contaminer toute votre approche de la guitare, y compris sur l’électrique, ce qui est passionnant. Voilà donc un magnifique instrument grâce auquel la musique de Minimum Vital va certainement prendre dans le futur des couleurs volontairement orientales et épicées !


Yassim! live