Les Échantillonneurs
On pourrait dire que le Mellotron est le 1er sampleur de l’histoire. En effet, le principe d’un sampleur est d’enregistrer sur un support la ou les notes produites par un instrument réel, pour pouvoir rejouer ces enregistrements à partir d’un clavier. Dans le cas du Mellotron, il s’agit de bouts de bandes magnétiques parcourues par une tête de lecture. Et puis, beaucoup plus tard, sont venues les disquettes, les CDR, les disques durs, les carte SD et tous les autres supports virtuels que nous connaissons aujourd’hui. Ce principe a fait rêver de nombreux musiciens, dont Peter Gabriel notamment, qui a su en faire une utilisation créative, avec le coûteux mais légendaire Fairlight. Dans les années 90, le sampleur se démocratise, et se décline en de multiples appareils, dont les fers de lance sont ceux de EMU pour les américains, et de AKAI pour les japonais.
L’attrait pour le sampleur vient de sa possibilité de tout « avaler » pour permettre au musicien de piloter sous ses doigts tout ce dont il a envie (instruments, bruitages, etc.). C’est ce qui explique qu’il a rapidement envahi toute la musique, en gros entre 1985 et 1995, allant jusqu’à faire disparaître les batteries acoustiques des studios. Mais voilà, comme souvent, à se lancer trop vite dans une voie, on ne réalise pas qu’elle peut mener à un cul de sac. Comme beaucoup, je n’ai pas bien perçu de prime abord le principal défaut du sampleur : celui-ci n’est finalement qu’un « reproducteur » d’image sonore. Une image reste toujours semblable à elle-même, quoi que l’on fasse.
Même si on intègre dans l’appareil des paramètres de volume, de filtre, etc., l’onde « samplée » reste toujours identique. Ce n’est pas ce qui se passe dans la réalité sonore d’un instrument réel, où sont mis en mouvement des phénomènes vibratoires extrêmement complexes. La même touche d’un piano, par exemple, frappée plusieurs fois de suite avec la même intensité, ne reproduira jamais tout à fait le même son. En effet la signature timbrale et harmonique de celui-ci subit constamment des variations subtiles dues à de nombreux paramètres acoustiques et matériels. Même un synthétiseur analogique ne produit en réalité jamais deux fois le même son, à de très petites variations près. Et justement, il se trouve que l’oreille est capable, même inconsciemment, de percevoir ces variations. Voilà pourquoi on fini par se lasser d’une utilisation trop intense des « samples » en musique.
De manière assez visionnaire, un musicien comme Keith Emerson avait dès le début des années 70 perçu ce problème : il avait décrété qu’il n’aimait pas le Mellotron (qu’il n’a effectivement jamais utilisé) car il ne faisait selon lui que reproduire la « photographie » d’un son, et ne méritait pas à ce titre le nom d’instrument …Malgré tout, voici, pour ce qui me concerne, les appareils que j’utilise :