Pour l’amateur éclairé des années 70’s, l’entrée dans le monde fabuleux des synthétiseurs commence forcément par un … monophonique. Comme son nom l’indique, un instrument monophonique n’est capable d’émettre qu’un son à la fois, ou plutôt qu’un son vibrant sur une seule fréquence. C’est aussi le cas d’instruments acoustiques comme la trompette, le saxophone, le haut bois, etc. Dans le cas du synthétiseur, le choix de la monophonie a longtemps été dû à une limite technologique : à la base, le synthétiseur est réalisé à partir d’un unique oscillateur, lequel génère une fréquence électrique. Cette fréquence subit ensuite une série d’ajustements et de transformations (par le biais d’enveloppes, filtres, etc.) pour aboutir à un signal musical. Jouer plusieurs notes, de fréquences différentes, en même temps, (en polyphonie, donc), implique de multiplier les oscillateurs. A l’époque pionnière où Robert Moog crée son premier modèle, cela aurait coûté beaucoup trop cher, même pour le plus fortuné des musiciens.
Mais ce qui peut paraître au départ comme une limite a fait au contraire du synthétiseur monophonique un instrument à part entière. En effet, on n’aborde pas de la même façon un instrument monophonique et un instrument polyphonique : le rôle du synthétiseur monophonique est de se « placer » dans la musique, par exemple dans le cadre d’une ligne mélodique (ou d’une ligne de basse), alors qu’un instrument polyphonique aura plutôt un rôle rythmique ou harmonique. Grâce à ce trait de caractère, le synthétiseur monophonique a poussé les musiciens à faire de lui le roi en matière de solo, thème, et effets sonores … il suffit d’écouter les « cabrioles » de Rick Wakeman sur son Minimoog ou de Keith Emerson sur son modulaire pour s’en convaincre. Et, si on veut remonter encore un peu plus loin dans le temps, l’ancêtre français (et à lampes !) du synthétiseur, les « ondes Martenot », monophonique lui aussi, était utilisé pour des fonctions similaires (imiter la voix humaine par exemple). »
Les claviers Monophoniques
Alesis Micron
Alesis Micron
Tout petit, tout petit, le micron
Pour préserver mon Sigma, et le laisser en paix à la maison, je me suis mis en quête d’un synthé à modélisation analogique prenant peu de place et facile à transporter. Mon choix s’est porté sur le Micron Alesis, décliné aussi en « Miniak » chez Akai.
Au premier abord, j’étais perplexe, car je trouvais les sonorités trop riches dans le haut du spectre, voire trop « froides ». Mais après une utilisation soutenue, je considère maintenant qu’il a un grain très personnel, du genre à « percer » très facilement dans un mixage.
Son seul défaut est d’avoir été conçu par des informaticiens qui ne comprennent rien aux besoins des musiciens : le mode de classement et de programmation des sons est totalement débile, et le rend quasi impossible à piloter en MIDI ! Du coup, je change les sons sur scène comme au bon vieux temps : à la main …
Sur scène, en tenant bien le poids plume!
Les claviers Monophoniques
ARP Pro-Soloist
La classe ‘British’
Synthé de la célèbre marque anglaise, datant de 1973, et immortalisé par Tony Banks dans Genesis, à partir de Selling England.
Il s’agit d’un instrument à presets, avec un seul oscillateur, mais d’une très belle chaleur de son, et possédant de larges possibilités d’expression, ce qui était nouveau pour l’époque, grâce à son clavier sensitif.
Acheté d’occasion en 1994, j’ai du m’en séparer à regret en 2007 car il commençait à montrer des signes de fatigue (normal pour un instrument de cet âge !).
Il m’a accompagné sur scène de1994 à 1996, et figure sur le morceau « Étranger en sa demeure » pour la compilation « Odyssey : the greatest tale ».
Les claviers Monophoniques
ASB Minimax
Contrefaçon du mini Moog
Le tableau de bord de ce joli synthé fait évidemment penser à la façade du célèbre Minimoog, et il a été conçu pour être son clone numérique. Assez rare à trouver, j’ai eu la chance de mettre la main dessus.
Si il reste un synthé sympathique de caractère analogique et avec les avantages offert par la technologie moderne (programmation, justesses, effets, etc.), force est de constater qu’on est quand même loin du mini à mon humble avis.
Je n’ai jamais eu de mini sous les doigts, mais je connais bien son petit frère le Source, et le Minimax n’a pas la chaleur de ses illustres ancêtres.
Par ailleurs, les effets sont difficilement éditables, sauf avec le soft fourni, mais ce n’est pas mon dada du tout que de raccorder un synthé à un ordinateur (ça aurait plutôt même tendance à m’agacer !). Ceci étant dit, si on oublie que son but était de reproduire « qui vous savez « , le Minimax reste un synthé avec un bon son et qui a de la ressource. Acheté pour la reformation du groupe, je l’utilise surtout sur scène, piloté par mon clavier maître Roland A90.
Les claviers Monophoniques
Korg MS 20
Le compagnon de mes 16 ans
Le synthé qui a fait rêver une génération d’apprentis musiciens. Pour 3 800 Francs de 1979, on pouvait s’offrir ce monophonique de « recherche » très intelligemment conçu, à structure ouverte, à haute valeur pédagogique, et au look génial.
Pour ma part, il me fut octroyé grâce à la tendre générosité de mon père, au printemps 1980, et m’a ouvert en grand les portes de la lutherie électronique.
Difficile à utiliser sur nos premières « scènes » (pas pratique de changer les sons en cours de route), je m’en suis séparé en 1984. Sa sonorité n’a pas la chaleur d’un ARP ou d’un MOOG, mais il a de la nervosité, du ventre, et surtout de grandes possibilités en matière de « sorcellerie » et effets sonores. Sa côte d’occasion, juste avant sa (quasi) ré édition par Korg en 2013 (le MS20 « mini »), atteignait encore récemment les 1000 euros … Il a été utilisé sur nos 1ères maquettes, et quelques concerts de CONCEPT. Je le regrette …
Les claviers Monophoniques
Korg Sigma
Mono, mais costaud
Mon petit chou chou, acheté pour remplacer le MS20, en 1984. Les synthés analogiques Korg n’ont pas toujours eu la faveur des musiciens, mais quant à moi, j’ai toujours admiré leur extraordinaire fiabilité, robustesse, et surtout leur justesse et tenue du tempérament impeccables. Le Sigma n’échappe pas à la règle.
L’intérêt à mes yeux du Sigma venait de ses « tablettes » basculantes fonctionnant comme des presets accessibles directement, cumulables entre eux (d’où le nom « sigma »), faisant de lui un instrument plus facile à utiliser sur scène (à une époque encore où très peu de synthés étaient programmables).
Encore aujourd’hui, après 30 ans (!) de service, il fonctionne très bien.
Ses incontournables : les sons les plus simples, appelés « flute », « oboe », ou « fuzz guitar ». Le « oboe » (haut bois) surtout, avec une onde rectangulaire pincée à souhait, réglé avec un petit vibrato et une réverbération, fait des merveilles (introuvable sur aucun autre instrument, je vous le garantis !). J’ai abondamment utilisé le Sigma dans « Sarabandes », pas du tout dans « La Source » (hélas !), très peu dans « Esprit d’Amor » (dommage), mais à nouveau à partir de « Atlas » (glop ! glop !).
« Retour au domaine » avec le SigmaThierry avec le Korg Sigma
Les claviers Monophoniques
Moog Source
Moog sourceSur scène avec le Moog
Petit frère du Mini
Le 1er instrument analogique à commande digitale, sorti en 1980.
Le son MOOG est bien là, et du beau : du fruité, du chaud, du nerveux …. Mais il a les défauts de l’innovation : sa gestion par commande digitale est loin d’être au point !
Acheté quasi neuf en 1989, je dois bien vite me rendre à l’évidence : il n’est pas fiable. Des pannes à répétitions, une tenue de l’accord aléatoire, des allers – retours sur Paris pour de coûteuses réparations, ont eu raison de mon amour pour ce beau synthétiseur … revendu à la fin des années 90, et pratiquement pas utilisé en studio (quel dommage !).
Les claviers Monophoniques
Spectral Audio Pro Tone
le Pro-Tone
Un look vintage d’equalizer
Au milieu des années 90, les analogiques reviennent en force …. Ainsi, la marque suisse Spectral Audio se met à fabriquer des expandeurs purement analogiques, comme ce Pro Tone au look sympathique, après la série des « Neptune »
Ce synthé possède un très bon son, avec une vraie « chaleur » analogique, bien que manquant un peu de nervosité.
Par contre, il a un gros défaut, le rendant parfaitement inutilisable sur scène (voire inutilisable tout court) : il est complètement faux ! En effet, l’appareil doit d’abord chauffer au moins 20 minutes, puis il faut encore (à l’aide d’un tournevis !), régler depuis l’intérieur de la bête un bouton rotatif, pour arriver par ajustements successifs à un tempérament à peu près correct. Tout bonnement inacceptable! Du coup, revendu … Dommage… Eh oh, les gens de Spectral Audio, faudrait voir à ne pas se foutre de la gueule du monde quand même, prenez exemple sur Korg, nom de nom ! Utilisé sur « Capitaines », et la reprise de « Udü Wüdü ».